Moustazou, un avenir sur les planches !

Étudiant en biologie, Moustazou sera sur la scène du Quai du Rire les 7, 8 et 9 novembre prochain pour son tout premier spectacle en rodage. C'est en regardant les cassettes vidéo de Gad Elmaleh et les sketchs d'Abdelkader Secteur que sa vocation pour l'humour est née. Lui qui rêve de s'illustrer face au public algérien compte déjà conquérir le public marseillais qui devrait très vite répondre présent. Rencontre avec Moustazou, un avenir sur les planches !

© MJ Photography

« Tu joues prochainement ton premier spectacle en rodage. Peux-tu nous en parler plus en détail ?

Le but du rodage est de tester tous les sketchs. Ce n’est pas forcément un spectacle qui est construit à 200%. Au bout d’une heure, il peut y avoir des choses modifiées ou à retravailler. Je parle de mon arrivée en France sans trop tomber dans les clichés. J’essaie d’éviter l’arabe qui ne sait pas parler. J’évoque aussi mon parcours, mes études et il y a surtout beaucoup d’autodérision.


As-tu déjà joué ce spectacle en première partie au Quai du Rire par exemple ?

Il y a beaucoup de sketchs que j’ai testés au comédie club tous les vendredis. Le public va être un peu un cobaye en étant les premiers à voir mon spectacle.


Quand pourra-t-on te retrouver ?

Je joue ce premier spectacle au Quai du Rire les 7,8 et 9 novembre à 21h30.


Est-ce que c’est un spectacle ou un/une humoriste en particulier qui t’a donné l’envie de faire de la scène ?

Depuis tout petit, j’ai toujours adoré faire rire les gens. Gad Elmaleh est une référence pour moi. Je regardais en bouclent ces spectacles en cassettes vidéo. Il y a aussi des humoristes algériens comme Abdelkader Secteur que j’aime beaucoup. En ce moment, j’aime bien Mustapha El Atrassi, Redouane Bougheraba qui m’inspire beaucoup et qui est une référence marseillaise. Il y a aussi Jamel Debbouze et Kev Adams.


Kev Adams que tu as pu rencontrer.

Je l’ai rencontré deux fois à son espace. Il m’a donné beaucoup de conseils sur la scène et ce milieu-là qui n’est pas facile. On a tendance à penser que ces gens-là ont la grosse tête alors que pas du tout. Ils sont très accessibles. Kev Adams c’est l’humilité en personne.


Tu as la chance de faire partie du Quai du Rire. Comment s’est passée ton arrivée chez eux ?

Je suis arrivé sur la pointe des pieds (rires). Je ne connaissais personne et je suis allé voir Maliko qui gère le comédie club en ce moment pour lui dire que j’avais envie de monter sur scène. Il m’a proposé d’écrire un sketch de cinq, dix minutes pour voir ce que ça donnerait. Deux semaines après, je reviens le voir, il me fait monter sur scène et je ne sais pas si c’est la chance du débutant mais ça avait très bien marché la première fois. J’ai ensuite eu l’envie d’écrire mon propre spectacle et le Quai du Rire m’a proposé trois dates que j’ai acceptées sans aucune hésitation.


© MJ Photography

Quels souvenirs gardes-tu de cette première face au public ?

C’était énorme et stressant. Il y avait 75 personnes et je me suis dit dans quelle merde je me suis lancé (rires). Je tremblais avec le micro mais le public a été indulgent car ils savaient que c’était ma première scène. Deux semaines après, j’arrive en confiance, je prends le micro et gros trou noir. Pendant deux, trois minutes je regardais les gens et il y avait un malaise. C’était dur de rebondir mais c’est une expérience que t’es obligé de vivre.


Sur ton compte Instagram, tu proposes des petites vidéos humoristiques. C’est le meilleur moyen promotionnel aujourd’hui ?

J’ai commencé par les vidéos et j’ai compris que la scène était mieux. Par rapport au vidéo, je trouve que l’on est plus spontané. Je suis plus à l’aise sur scène car tu as le contact direct avec le public.


Tu alternes entre les études et le métier d’humoriste. J’imagine que tu as plus envie de faire une carrière sur les planches ?

Je suis en études de biologie. J’ai intégré une école de nutrition donc je fais trois ans de bio et je pars ensuite sur deux ans de nutrition et diététique humaine. Pour l’instant, je fais de l’humour comme une passion. S'il y a des portes qui s’ouvrent je réfléchirai entre mes études et la scène.


Comment trouves-tu ton inspiration ? As-tu un lieu de prédilection pour écrire ?

Je n’ai pas d’endroits particuliers. Parfois je peux avoir des idées sous la douche ou pendant mon sommeil. Avant de m’endormir j’ai des idées qui me viennent et je les écris sur un papier avant de les développer par la suite.



Quels sont tes objectifs avec ce spectacle ?

Le but est vraiment de finaliser la construction du spectacle et pourquoi pas le jouer au moins une fois par semaine à Marseille. J’ai un rêve, c’est de jouer mon spectacle chez moi en Algérie devant ma famille, mes amis. Ce serait une grande fierté.


Faire son spectacle devant sa famille c’est plus motivant ou stressant ?

Ça te met plus de pression. J’ai déjà joué devant des membres de ma famille et j’ai eu l’occasion de faire une première partie en Algérie où il y avait énormément de monde. Quand je sais qu’il y a des personnes que je connais, je leur demande de se mettre au fond de la salle pour ne pas voir leur tête (rires).


Le métier d’humoriste est aujourd’hui très médiatisé avec notamment des polémiques qui se font de plus en plus régulières. Toi qui démarre sur les planches, fais-tu attention à des thèmes en particulier ?

Ça m’arrive d’aborder des thèmes d’actualité. Il faut faire attention car il y a des choses qui peuvent être mal prises, mal interpréter. Il y a des personnes qui peuvent penser que l’on peut rire de tout et d’autres qui pensent le contraire. J’essaie de me mettre des limites. Je ne veux pas trop froisser les gens en évitant certains thèmes.


Existe-t-il une petite concurrence entre jeunes humoristes ?

Au Quai du Rire, c’est une bonne concurrence. On se donne toujours des conseils. On est vraiment une bande de potes avant tout. Il y a des milliers d’humoristes en France et il y a une dizaine de places à prendre. C’est très complexe.


As-tu d’autres projets pour les mois à venir ?

J’alterne vraiment mes études d’abord et le spectacle. Parfois quand tu rentres chez toi, t’as le choix entre revoir ton cours de la journée ou bosser ton spectacle. Souvent, je ne te cache pas que je privilégie le spectacle (rires).


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Qu’il y ait beaucoup de mondes les 7, 8 et 9 novembre car ça te booste. Plus tu as du monde et plus tu donnes sur scène. J’ai déjà joué devant quatre personnes et c’est comme si tu étais dans ton salon. J’avais presque envie de les inviter à boire un verre sur le vieux-port. Ce sont des situations qui te forgent énormément. J’avais joué devant 8 000 personnes en première partie à Alger et quand tu joues devant quatre personnes tu redescends vite sur terre (rires). »


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© 2018 par Samuel Massilia.