Philippe Domenech, un mordu de musique !

Mis à jour : févr. 21

Quand on entre dans son studio d'enregistrement, une atmosphère, une ambiance résonne. Philippe Domenech est bel et bien un amoureux de la musique. Compositeur, producteur, parolier, on pourrait le qualifier d'oreille absolue ou de perfectionniste hors pair mais sa connaissance musicale l'amène à être un parfait musicien qui connaît ses notes. Rencontre avec Philippe Domenech, un mordu de musique !

© Philippe Deloze

« Tu es le fondateur du groupe « The Boxes ». Peux-tu nous en parler plus en détail ?

C'était une envie de recréer un noyau musical solidaire mais je pense que c'était une erreur car je reste un indépendant qui collabore avec des électrons. Je n'arrive pas à conserver l'esprit du duo sans perte de créativité ou d'essoufflement. Je bosse seul mais en gardant le concept de The Boxes. Les boîtes se remplissent au gré de l'instant et du projet à venir.


En décembre 2018 tu as sorti le clip « So Lucky ». Parle-moi de ce clip et de ta collaboration avec Marie Hughet.

Mon virage perpétué vers l'électro-pop avec une mélodie très efficace mais un arrangement qui n'était pas assez dans le game comme on dit (rires). Cela dit, la chanteuse anglaise qui tient à garder l'anonymat, a superbement interprété la chanson. Il y a aussi une belle collaboration avec la comédienne Marie Hughet qui a exactement illustré dans sa légèreté l'esprit du clip.



Quel regard portes-tu sur la musique aujourd’hui ?

Hormis le jazz, le classique et autres catégories pures où on peut mettre le rock. Les musiques grand public pop, électro et urbaines se sont dans l'ensemble réellement appauvries à tous les niveaux avec une harmonie pauvre, une image véhiculée etc. On prend souvent les mêmes accords pour les couplets et les refrains. Mais le public devenu « Instagramer » devient soumis par paresse intellectuelle. C'est triste mais c'est comme ça. Le titre « So Lucky » était une prod qui amorçait mon virage mais il manquait un truc pour accrocher les radios du mainstream. J'ai travaillé et compris.


Et en matière de production ?

Aujourd’hui, pour découvrir un artiste en radio la réalité est cruelle. On ne s'intéresse qu'à son nombre de vues, son nombre d'abonnés et son nombre de likes. Il faut donc accepter les nouvelles règles même si elles ne reposent pas sur des qualités « artistiques ». Après, c'est une question de flair, de chance et d'opportunité. Je pense au gars qui a auditionné les Beatles à leur début et qui ne les a pas trouvés intéressants. Le mec est dépressif à vie je pense (rires).


De quelle façon travailles-tu ?

Je m'inspire toujours de la première démo, la fraîcheur originale. C'est comme au théâtre, il vaut mieux tout essayer quitte à exagérer. Après on peut toujours en enlever, mais au moins on essaie de ne pas passer à côté d'un coup de génie. Je prends mon temps pour faire de la musique. Je ne m'étale pas sur l'arrangement car je veux garder la fraîcheur originale. Il y a des spécialistes qui savent mieux que moi comment sublimer la création de départ. Je suis plutôt un guitariste de scène. Le studio te demande une rigueur de paramétrage et de tempo que je ne maîtrise pas forcément. Une fois que j'ai fait la chanson, que j'ai les idées, je me fais aider dans la construction.


© JG Photographie

Comment proposais-tu tes premières créations musicales ?

J’envoyais des démos aux labels régionaux où j'allais passer des castings dans des Cabarets comme le Don Camilo à Paris où on se retrouvait huit chanteurs à essayer de convaincre. C'est un lieu mythique du show-business qui a vu passer des artistes tels que Charles Trenet, Léo Ferré et Serge Lama faire leurs débuts. Peu de places assises mais un endroit phare. Tu chantes, tu fais un tour de magie, un sketch et parfois dans la pénombre un grand nom te repère. Tu joues en dix, quinze jours en fonction du retour. Si tu es sifflé, on te dira de retourner bosser. Quand j'ai fait le casting, j'ai amené d'autres chansons pour lesquelles j'avais été repéré... grosse erreur ! Je pensais mes nouvelles démos plus efficaces niveau son. La casteuse m'a bien fait comprendre le contraire (rires).




Quelles sont tes influences musicales ?

J'en ai beaucoup. De Charles Aznavour à Billie Ellish, ça fait un grand écart mais j'assume (rires).


Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Je suis en préparation d'un son très électro disco qui j'espère saura convaincre mon label ALDAM Production.


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

On peut me souhaiter le meilleur. Et de prouver que je peux amener des titres au sommet même si des autres paramètres que la musique sont à prendre en compte pour atteindre le saint Graal (rires). »

© 2018 par Samuel Massilia.