Sons of Sound, les fils du son !

Pierre et Emeric se sont rencontrés au lycée et le fil rouge de la musique les a très vite reliés pour former le duo Sons of Sound. Mélangeant les goûts musicaux de chacun, ils mettent en avant l'amitié et la cité Phocéenne dans leur premier clip professionnel Blue Sky, un titre à la saveur de hit de l'été. Pour ses deux frères de la musique, les études continuent, mais la musique reste dans leurs pensées, et on ne peut que leur souhaitait d'être l'été prochain, si possible, sur la scène du Delta Festival à Marseille. Rencontre avec le groupe Sons of Sound, les fils du son !


© Grégoire Angelli (A.S Production)

« Vous êtes un jeune duo Made in Marseille depuis 2017. Comment s'est formé votre groupe ?

Pierre & Emeric : On s’est rencontré en 2015, dans le même lycée, à Marseille. On s’est vite rendu compte qu’on jouait de la musique tous les deux, et il nous est venu l’idée de créer un groupe. À l’époque, on était avec un autre ami se nommant Antoine Perrin et on formait un groupe qui s’appelait les PEAM Boys (avec nos initiales).

Vous avez rassemblé votre passion commune : la musique. Une fibre artistique qui vient de vos parents ?

P : Nos parents sont musiciens et nos pères nous ont assistés, c’est-à-dire que le mien était à la batterie et celui d’Emeric à la basse. On formait un quatuor où on jouait des reprises.

E : Le nom est donc un hommage à nos parents qui nous ont élevés dans ce cadre musical. D'ailleurs le groupe annexe que nous formons avec nos pères se nomme “Fathers and Sons of Sound”.

Au lycée, vous rencontrez Jean-Jacques Goldman. Racontez-moi ce rendez-vous avec la personnalité préférée des Français.

E : Ses filles étaient dans le même lycée que nous. C’était un concert pour le départ d’un homme qui était emblématique dans notre école. On a pu échanger avec lui et prendre une photo. Nous avons ainsi pu jouer avec lui, et pour la petite anecdote : je lui ai passé ma veste de costard, et depuis je ne l’ai plus touché, elle est restée dans l’armoire (rires).

P : Il m’a demandé des petites finitions sur les réglages des sons sur le clavier. C'était une scène assez marquante et insolite : le fait que je donne des conseils à une telle personnalité ! (rires).

Dans un moment comme celui-là, vous en avez profité pour parler de votre envie de faire carrière dans la musique ?

E : À l'époque, nous ne formions pas notre duo actuel “Sons Of Sound” et nous n’avions donc pas forcément les mêmes ambitions et objectifs que maintenant. Ce qui est un peu dommage, face à une telle opportunité.

P : J’avais toutefois tenté, sur le moment, de lui parler de notre groupe de l’époque mais il y avait tellement de monde autour de lui que je n’ai pas vraiment réussi... Il était assailli par tous les parents d’élèves ! Mais ce qui nous a impressionnés c’est qu’il soit toujours resté “simple” malgré son succès.


© Grégoire Angelli (A.S Production)

Vous avez une formation dans la musique ou vous êtes autodidacte ?

E : Oui nous avons eu une formation dans des écoles de musique. Pour ma part, j’étais à la “Maison pour Tous” à Marseille. J’ai eu de nombreux cours particuliers de guitare dans un premier temps, puis collectifs dans un second. Mais il est vrai que nous avons beaucoup appris de notre côté sur internet, notamment sur la maîtrise de logiciels de musiques, sur le beatmaking....

P : En ce qui me concerne, j’étais en école de musique au début mais je suis ensuite passé sur des cours particuliers de piano. Cependant, cela fait des années que nous nous formons en autodidactes. Notre formation en école portait sur nos instruments principaux (guitare et piano) et nous avons donc appris à jouer d’autres instruments (batterie, basse, saxophone…) de manière autonome, tout comme la maîtrise du chant.


Vous apprenez aussi de vos influences, de vos artistes favoris ?

E : Carrément, j’adore le style de musique des Arctic Monkeys. Ça ne se ressent pas forcément dans nos musiques puisqu’on fait du chill, mais certains aspects (couleur des sons, transitions entre les accords, etc) s’en inspirent.

P : On s’est toujours entendu dans la composition des musiques. Il n’y a jamais eu de divergences d’opinions - peut-être minime - on a bien réussi à matcher à ce niveau-là. On a des styles différents, Emeric est plus pop, rock et funk, moi j’écoute vraiment de tout, dont beaucoup de jazz, ça fait un beau mélange.

Vous démarrez avec les moyens du bord comme en témoigne le clip Tu le sauras dans lequel on ressent déjà votre style chill & varié.

E : Écoute, on l'a enregistré en une après-midi vers chez nous, du côté des Bains des Dames et des Goudes. On a fait ça avec un téléphone, il y avait notamment ma cousine et ma copine. Ça a été de l’improvisation, c’est le mot pour qualifier ce clip.

P : C’était assez rustique comme équipement. Sa cousine nous filmait avec son iPhone, elle avait un fisheye qu’elle maintenait avec sa main sur l’objectif tant bien que mal, pour avoir un plus grand angle. C’est vraiment un clip fait à la main (rires). Nous avons ensuite effectué le montage sur iMovie, tout a été fait de A à Z par nous et ceux qui nous ont aidés, d’ailleurs on les remercie.



L'évolution est flagrante avec Blue Sky, votre premier clip professionnel qui met en avant la bande de potes, l'amitié, mais aussi Marseille...

P : On a voulu monter en qualité. On a mandaté une connaissance qui est devenue un ami, Greg, qui est monteur, réalisateur et photographe de métier. On lui a laissé prendre les rênes de la direction du clip. De notre côté, on avait terminé la partie audio, c’est-à-dire la compo de l’instru, les paroles, l’enregistrement. On avait décidé de tourner un 14 juillet, un très mauvais choix (rires). C’était très juste au niveau du timing, on s’est levé tôt et on a fini le tournage tard, sans compter le retard dans le planning des tâches. À la différence de Tu le sauras, on a voulu rassembler nos proches, ce qui était en lien avec le thème de la musique.

E : On a appris à faire un vrai clip. Il y avait une vraie organisation en amont (planification des lieux de tournage, contact avec les membres du tournage…). On a pu aller dans les lieux les plus emblématiques de Marseille comme le Panier, la Baie des Singes, l’Escale notamment en empruntant la navette maritime. On a aussi fait face à de nombreux aléas comme la découverte d’une "rave party" à 6h du matin sur le lieu de tournage. Mais maintenant on est paré à toutes éventualités. D’ailleurs on aimerait bien faire prochainement un clip en Espagne, sur la Costa Brava.



Pendant le confinement, vous avez proposé deux morceaux : Crazy Quarantine et Groovy Quarantine. C’était important pour vous de conserver un élan artistique malgré cette période qui vous a séparé l’un de l’autre ?

P : On a quand même voulu continuer sur notre lancée artistique et créer du contenu, même si on ne pouvait plus se voir pour enregistrer. C’est plus du montage et du mixage qu’autre chose (sans enregistrement d'instruments acoustiques à proprement parler). En ce qui concerne Groovy Quarantine, j’ai choisi un style assez pêchu, je voulais replonger dans des sonorités un peu dance & house des années 90 : la basse est chantante, le piano expressif et le saxo plaintif (je voulais retransmettre la détresse des individus durant cette période du premier confinement).

E : Crazy Quarantine c’est de la deep tech, c'est-à-dire un style de techno profonde avec des lignes de basse bouillonnantes qui prennent généralement la tête mélodique. Dans cette musique-là, j’ai surtout utilisé des synthés virtuels, mettant en avant des basses envoûtantes. De plus, j’ai mis des samples de voix qui sont des enregistrements audio de la mission Apollo 11. J’ai aussi voulu que le rythme soit assez tranchant et explosif, un peu comme une fusée qui décolle. On voulait que les gens prennent leur envol et s’évadent de la Terre durant cette triste période de confinement.

Dans votre répertoire on retrouve un featuring avec le rappeur américain K Rich. Comment s'est créée cette collaboration à distance ?

E : C’est de l’impro, encore une fois. On l’a contacté sur le site Looperman où plein d’artistes publient leurs samples de voix et d’instruments. Le featuring s’est super bien passé, on l’a notamment guidé par rapport à nos envies et l’esprit qu’on se faisait de la musique. Ça fait un moment qu’on n’a plus échangé ensemble mais si un prochain projet rap se présente et colle avec son style, on lui en parlera.

P : Je trouve ça magnifique de pouvoir élaborer une musique avec quelqu’un qu’on ne connaît pas, qu’on n’a jamais vu, à l’autre bout de la planète. Et pourtant c’est possible grâce à cet art qu’est la musique et les nouvelles technologies.



Cette passion qui est omniprésente dans vos vies pèse-t-elle sur vos études ? Ou bien vous arrivez à gérer les deux ?

P : Je suis en école d’ingénieur en mécanique énergétique. C’est une gestion un peu complexe. On privilégie nos études et c’est parfois compliqué de trouver du temps pour avancer sur les projets musicaux. On essaie d’être le plus actif possible dans la publication de contenu sur les réseaux sociaux. Pendant les vacances et de temps en temps les week-ends, on essaie de réserver un créneau pour les enregistrements.

E : Dans mon cursus d'études d’école de commerce en spécialité "management de la performance commerciale", je dois créer un projet entrepreneurial. On a décidé de promouvoir le groupe de musique avec l’aide de ma copine. On a des objectifs de promotion et de création à respecter afin d’améliorer notre visibilité. J’arrive à concilier les deux sachant que ce projet fait partie de mes études.


© Grégoire Angelli (A.S Production)

Quelle définition donneriez-vous de la musique ?

P : Pour nous, la musique c’est un art noble, qui permet de rassembler les gens au-delà des différences, des frontières : c’est un langage universel. On l’a vu avec K Rich par exemple. Après, chacun a un rapport personnel à la musique, chaque compositeur a son propre style. Nous essayons d’avoir une identité musicale propre, à travers nos différentes compositions. La musique peut aussi être une échappatoire : quand on est sous pression avec la crise sanitaire et même les études, ça nous permet de bien décompresser.

E : Pierrot a un peu tout dit. On a la même vision des choses notamment par rapport à la musique et l’art en général. D’ailleurs pour la petite anecdote, l’origine de notre fraternité vient de la musique, lorsque Pierrot m'avait proposé en seconde qu’on joue tous les deux de la musique après les cours. Le morceau qui nous mettait du cœur à l’ouvrage était "Long Train Running" des Doobie Brothers (rires).

Il faut écumer beaucoup de plateaux même si aujourd’hui la vitrine numéro 1 est les réseaux sociaux.

E : On développe ça à fond, notamment sur Facebook et Instagram. De plus, on a fait appel à Distrokid : une maison de disques digitale qui partage nos musiques sur les plateformes de streaming comme Spotify ou Deezer. Elle nous permet d’être plus visibles et écoutés par tous. On va essayer de se lancer sur TikTok prochainement notamment par la création de challenges sur nos musiques.

P : Emericou a bien résumé l’usage que nous voulons faire de ces nouveaux médias. On avait pour ambition de réaliser des événements comme des concerts ou autres représentations, mais cela a malheureusement été compromis à cause de l’épidémie. Cependant notre désir de monter en qualité reste bien présent, notamment par le biais de shooting photo professionnels ou encore par la prise en main de logiciels plus performants.


© Grégoire Angelli (A.S Production)

Auriez-vous une citation fétiche à me délivrer ?

E : A l’occasion de cette interview, nous avons élaboré une citation made in SOS, je te laisse la dire Pierrot :

P : "La musique, universelle et sans frontières, se doit d’unir les gens et non les diviser", ça retranscrit vraiment notre état d’esprit en tant que musiciens et auditeurs.

E : On en avait également une autre sous le coude d’Emmanuel Kant : “La musique est le langage des émotions”.


© Grégoire Angelli (A.S Production)

Avez-vous un projet qui arrive prochainement ?

E & P : On va vendre des t-shirts avec le nom du groupe sur une boutique en ligne éphémère, cela va nous permettre d’engranger des revenus pour investir dans nos prochains projets musicaux, mais également dans tout ce qui nous permettra de monter en qualité, comme du matériel plus professionnel. En dehors de la vente des t-shirts, nous avons plein de nouvelles musiques à enregistrer avec des sonorités Pop/chill propres à nos premières musiques.

Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

E & P : Pourquoi ne pas encore faire de nombreuses interviews comme celles-ci. En ce qui concerne les événements, notre objectif serait de faire le Delta Festival à Marseille, sans compter les diverses représentations dans les bars, etc. »

© 2018 par Samuel Massilia.