Tamara Fernando, un parcours inspirant !

La vie l'a emportée dans des chemins inattendus, Tamara Fernando est une danseuse chorégraphe qui met en avant l'autre, avec un besoin de créer et transmettre sa passion. Rencontre avec Tamara Fernando, un parcours inspirant !

© Lisa Lesourd

« Ta carrière est un magnifique voyage éclectique : danseuse, comédienne, chorégraphe et mannequin.

C'est difficile de savoir d'où vient l'envie de faire ce métier. J’ai voulu danser quand j'avais cinq ans, sans trop savoir pourquoi. Dans ma famille, on nous a toujours demandé quelle activité on voulait faire. J'ai une sœur qui fait de la musique et un frère qui fait du dessin et de la musique aussi. Il fallait trouver une activité dans laquelle on s’épanouirait. Très vite, j’ai pris la danse très au sérieux avec l'envie de devenir professionnelle.


Tu débutes ton parcours artistique au Ballet de Bâle en Suisse avant de rejoindre le Ballet National de Marseille. As-tu des souvenirs de tes premiers pas dans la danse ?

Quand j’avais huit ans, je travaillais avec Jérôme Savary, le grand metteur en scène qui est décédé il y a quelques années, sur Le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. Il recherchait des enfants pour le festival d'Avignon et comme je suis du sud j'avais passé un casting, mon tout premier, j'étais très timide, il fallait chanter et danser. C'était mes premiers émois sur une scène professionnelle. Je n'en parle pas souvent mais ça a quand même été pour moi un événement marquant, j'étais avec des comédiens professionnels et voir que c'était leur métier, ça m’a aussi donné envie d'en vivre.


Tu as eu l'opportunité de danser dans pas mal de pays dont en Autriche avec West Side Story.

À l'époque, je travaillais en Suisse et pendant l'été, le chorégraphe demande qui a envie de participer à ce spectacle philharmonique de Vienne, avec des chanteurs d'opéra internationaux. Comme je ne venais que des compagnies, je trouvais ça intéressant de faire une expérience comme celle-là. C'était la première fois que je mélangeais toutes les disciplines.


© Matthew Totaro

Comment te sens-tu la veille d'un spectacle, d'une représentation ?

Je ne suis pas une personne très traqueuse. J'ai le trac quand je ne suis pas préparée et qu'on me dit de remplacer quelqu'un à la dernière minute. Mais en général, je réalise toujours les choses tardivement, sur le moment même (rires). La veille, c'est souvent de l'excitation avec l'envie d'y être.


Ton amour pour la danse se partage sur scène mais aussi sur le grand écran. On a pu te retrouver dans Nine de Rob Marshall, dans deux longs-métrages signés Alain Chabat et un projet à Bollywood. Que t'apporte, artistiquement, ces expériences ?

Le cinéma c'est une autre façon de travailler l’image. Chaque réalisateur est différent. Rob Marshall vient de la scène et il amène ce côté scénique dans ces films. Quand j'ai fait l'audition de Nine, je me souviens être passée complètement à côté de la plaque (rires). Je suis allée à Londres avec mes pointes dans mon sac, je n'avais pas compris que c'était une audition pour un film. J’ai sorti des talons que j'avais pour sortir en soirée, la vie m’a amenée dans des chemins où je ne m'y attendais pas.


Avant la période de confinement, tu étais à la chorégraphie du spectacle musical Les souliers rouges écrite par Marc Lavoine. Qu'est-ce qui te plait le plus dans le costume de chorégraphe ?

Pour moi, être chorégraphe c'est une façon de transmettre tout ce que j’ai pu apprendre durant ma carrière. J'ai besoin de créer et de transmettre. J'aime les gens, je ne pensais pas pouvoir avoir autant d'amour pour les danseurs. Je trouvais ça passionnant de voir la beauté de chaque personne quand on est à l'extérieur, sur un projet.


© Lisa Lesourd

Quels sont tes futurs projets ?

J'ai plein de projets qui ne sont pas encore signés (rires).


Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

"There is no place like home". C'est une phrase tirée du film Le Magicien d'Oz, elle symbolise son soi intérieur, être bien avec soi-même, nous avons toutes les réponses à l'intérieur de nous-mêmes.


Que peut-on se souhaiter pour le futur ?

Que les théâtres et les spectacles vivants reprennent rapidement. Je souhaite qu'il y ait de l'aide pour la culture mais aussi et surtout qu'on soit tous en bonne santé. »

© 2018 par Samuel Massilia.