Tess Lauvergne, entre les planches et le grand écran !

C'est sur le tournage du film Salaud on t'aime de Claude Lelouch que Tess Lauvergne a eue la révélation de faire du cinéma. La méthode de travail du réalisateur qui filme des instants de vérité a motivé Tess à suivre le Cours Florent pendant trois ans. Aujourd'hui, cette jeune comédienne qui est à suivre de très près souhaite s'orienter vers des rôles qui transmettent des messages. Rencontre avec Tess Lauvergne, entre les planches et le grand écran !


© Valérie Perrin

« Quel a été le déclic fondateur pour que tu fasses du cinéma ?

J'aime le théâtre depuis toute petite. J'ai commencé par des cours le mercredi après-midi, à l’école. Puis aux alentours de mes 11 ans j’ai eu la chance de rencontrer Claude Lelouch. Nous avons créé un lien très puissant. Il m’a permis de tourner pour la première fois dans son film Salaud on t'aime quand j'avais 17 ans et dans lequel j’interprétais la fille d'Eddie Mitchell. Je ne voulais pas forcément être actrice avant cela, mais il m’a proposé de venir sur le tournage pour expérimenter et observer. Ça a été le coup de foudre sur le plateau avec tous les acteurs, les techniciens, régisseurs…


Des premiers pas qui te donnent envie de faire ce métier...

Beaucoup de personnes m'ont dit que les tournages de Claude Lelouch n’étaient pas une référence parce qu’ils sont uniques. C’est comme dans un rêve, il est totalement libre, il peut décider de tourner une scène qui n’est pas dans le scénario, ici et maintenant, pour un rayon de lumière qui éclaire majestueusement un arbre. Alors qu’habituellement, un tournage c’est beaucoup plus cadré. On a tant de temps pour faire telle scène et on ne déborde pas trop du texte.


En tournant dans ses films, j’ai pu plus tard faire la comparaison avec des tournages de courts-métrages. Claude a la passion de l'acteur. Il nous manipule avec grâce pour nous piquer des instants de vérité, et c’est merveilleux à voir. Avec ce petit rôle (même si je pense qu’il n’y a pas de petit rôle), j’ai commencé à me dire qu’il était possible, et surtout nécessaire pour moi d'être une actrice.


Tess Lauvergne & Claude Lelouch © Valérie Perrin

Pour approfondir ton expérience dans le jeu d'acteur, tu décides de suivre le Cours Florent...

Je me suis renseignée sur les Cours Florent après mon BAC. J'ai fait un stage d'accès avec Antonia Malinova que j’ai adoré. Mes trois années ont été plus que formatrices, dans cette école, ou toute autre école de théâtre (il y en a beaucoup), le plus important est de ne pas être scolaire. Il ne faut pas faire ce que l’on vous demande de faire sous prétexte que l’on vous l’a demandé. Il faut avant tout travailler pour soi, progresser, faire des rencontres et construire une famille de création.


Trouver les personnes avec qui l’on va s’élever. Il est très important de sortir avec des connexions, des liens. Il y a beaucoup de professeurs à Florent, il faut aussi savoir trouver le sien, j’ai eu la chance de trouver Suzanne Marrot en deuxième année, elle m’a été d’une aide précieuse, m’a inculqué les valeurs du travail de troupe, et ne tolère que les personnes qui veulent travailler. Elle disait aussi toujours que notre trac ne devait rien peser par rapport à l’importance de monter dire ce que nous avions à dire sur scène, je me souviens de ça avant chacune de mes entrées sur scène.


Tournage Les Plus Belles Années d'une Vie © Valérie Perrin

Vers quel genre de cinéma aimerais-tu te diriger ?

Je pense à Gaspar Noé. Il n'y a pas longtemps j’ai regardé Climax et ça m'a fait un choc. Quand j’ai vu ce film, je me suis dit que c'était incroyable tout ce que l'on pouvait faire avec le cinéma. Les émotions, les angoisses que l’on pouvait transmettre à un public à travers un écran. J’adore ce que fait Nicolas Bedos et je suis bien évidemment très fan du travail de Quentin Tarantino. Et pour citer des femmes, j’aime beaucoup par exemple Sylvie Verheyde, Colline Serrault et Mounia Meddour qui a réalisé Papicha. J'aimerais me diriger vers ce genre de cinéma, de rôles, qui font passer des messages importants.


On a pu te retrouver au théâtre dans Cendrillon de Joël Pommerat. Ce n'est pas ta première sur les planches puisque tu as joué dans Escape Game et Changer l'eau des fleurs

Le théâtre est pour moi indispensable. La première fois que je suis montée sur les planches, c'était pour Bleu(e), une adaptation libre de La vie d’Adèle d’Elisabeth Ligonnet et Léo Landon. On a fait une grande résidence d'un mois dans des caravanes à Clichy-sous-Bois avec un casting moitié américain, moitié français, puis nous avons joué au Satellite à Aubervilliers. C’était intense et extrêmement formateur, je n’oublierai jamais cette période, ce fut une expérience formidable.


Dans Escape Game au Théâtre Lepic, j’interprétais le rôle d'Edith Piaf, ça a été une expérience délicieuse ; apprendre l’accent, les gestes, la démarche de quelqu’un, je ne l’avais encore jamais expérimenté. Pour Cendrillon de Joël Pommerat, nous l'avons montée au Cours Florent avec des amis, Éléonore Seguin à la mise en scène, et nous avons réussi à le faire sortir, le rêve absolu. Nous avons joué au théâtre Darius Milhaud, et avons été complets tous les soirs ! C’est notre bébé et nous allons continuer à essayer de le faire grandir.


Je dirais qu’il est très important pour moi de faire du théâtre en parallèle du cinéma parce que la connexion avec les acteurs et le public est totalement différente. Et si la troupe parvient à toujours rester à l’écoute, ici et maintenant, la pièce en est une nouvelle chaque soir, et ça c’est magique.


© Valérie Perrin

Quels sont tes futurs projets ?

C'est très difficile en ce moment pour les tournages. Je continue de passer des castings grâce à mon agent, mais c'est compliqué ; certains directeurs castings ne peuvent pas encore donner de réponse, ils ne savent pas si les projets vont être produits ou non. Tout le monde est dans un moment flou. Et être acteur nécessite déjà beaucoup de patience en temps normal. Pendant le confinement, j'en avais marre de ne pas être créative donc j’ai commencé à faire de courtes vidéos sur Instagram sur le compte lesvideosdetess, ça m’amuse beaucoup et je compte continuer.


Aurais-tu une citation fétiche à me délivrer ?

« Il vaut mieux avoir des remords que des regrets ».


Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Des rôles à défendre et de belles rencontres de cinéma et de théâtre. »

© 2018 par Samuel Massilia.