Anne-Sophie Soldaini, romance d'une jeune artiste !

Mis à jour : mars 17

D'une voix doucereuse et passionnée, Anne-Sophie Soldaini parle de son métier avec amour et l'envie d'explorer tous ses horizons. Si la période actuelle est triste et éprouvante, Anne-Sophie entretient la flamme artistique avec une double participation au Festival Nikon, une aventure partagée avec ses potes pour redonner vie à la création. Rencontre avec Anne-Sophie Soldaini, romance d'une jeune artiste !


© Natacha Lamblin

« Comment vis-tu cette période qui nous prive d'accès à la culture ?

C’est dur à vivre, comme pour beaucoup de personnes. J’ai beaucoup de mal avec l’injustice et j’ai ce sentiment-là en ce moment. Les décisions sont incohérentes vis-à-vis des lieux culturels. Quand on voit l’étude allemande sortie il y a plus de dix jours qui disait que les lieux culturels étaient les plus safe et qu’aucune décision de réouverture n’a été prise, ça me perturbe beaucoup. Un monde sans culture, c’est un monde qui perd énormément de choses. C’est donc très triste et angoissant.


Dans le cadre du festival Nikon, tu as réalisé « Je ne suis pas un jeu ». Pourquoi avoir choisi le thème de l'addiction pour ton premier court-métrage ?

C’est arrivé un peu par hasard. Je n’avais pas particulièrement l’envie de réaliser, j’observais ça d’un point de vue très extérieur sur les plateaux de tournages. Mais je ne sais pas pourquoi, ça commençait à me titiller (l’équipe technique, la mise en scène).


Je fais un cursus de psychologie et quand le sujet du Nikon est sorti, j’étais en pleine formation sur la toxicomanie et ajouter à ce que je venais de vivre personnellement et ce que j’ai pu observer ces derniers mois, j’ai eu tout d’un coup l’envie d’essayer.


Je n’y connaissais absolument rien. Ça s’est beaucoup fait à l’arrache, sans aucun budget, je n’avais pas de production. Deux jours avant le tournage, je me demandais si j’allais le faire ou pas. Tout a été simple, on était une bonne équipe, mes potes ont joué dedans et ce sont aussi des amis qui m’ont aidé à la technique avec du matériel. Ça ne nous a rien coûté et ça a été fait avec une espèce d’intuition générale. Je n’ai même pas écrit de scénarios. Ça m’a fait découvrir tout un monde que j’ai adoré.


© Natacha Lamblin

Avec Cidjy Cerlini, vous formez toutes les deux un duo de comédienne "rétro" dans « Je suis ton double ». Une amitié qui dépasse la frontière du cinéma ?

Cidjy est une réelle amie, on a voyagé et fait notre école ensemble. Depuis un an, on habite dans le même immeuble, on a recréé l’ambiance Friends (rires). On a profité d’être ensemble pour créer puisqu’on n’a jamais eu l’opportunité de jouer ensemble, même dans notre école. Un mois avant, on avait fait des photos avec un ami et beaucoup de gens nous disaient que notre complicité ressortait. On a donc voulu mettre cette amitié à l’écran, ça tourne autour du jeu et on est un peu parti dans un délire de science-fiction, tout le monde ne comprend pas le scénario (rires). L’idée était avant tout de s’amuser.



Dans ta jeune carrière, tu as joué au cinéma, au théâtre et à la télévision. Abordes-tu ce métier d'acteur comme un grand parc d'attractions avec l'envie de monter dans tous les manèges ?

Complètement ! Je ne suis pas parisienne, mes parents ne sont pas du milieu artistique mais j’avais envie de découvrir ce monde du cinéma qui est absolument dingue. D’un point de vue extérieur, le métier de comédien est toujours le plus attrayant, c’est celui qu’on a face à nous. Jusqu’à mon premier tournage, je ne savais même pas ce qu’était un chef opérateur. Plus je découvre ce milieu, plus je découvre le nombre de métiers qu’il y a à l’intérieur. J’ai envie de tous les faire.


La première fois que tu es monté sur scène, que tu as été sur un plateau de tournage, tu as senti que tu étais à ta place ?

Quand j’ai commencé au Laboratoire de l’Acteur (école d’Hélène Zidi) et que je faisais des impros, je me sentais bien. Sur mes premiers tournages, il y avait une ambiance géniale. Les moments où on se sent le mieux dans le jeu, c’est quand on arrive à s’amuser sans se prendre au sérieux. C’est ce qui a de plus beau dans ce métier, mais c’est très difficile à atteindre. Je ne sais pas si j’étais à ma place, mais je n’avais envie d’être nulle part ailleurs.


© Natacha Lamblin

Il y a deux ans, tu devenais Chloé dans Skam à l'occasion de la troisième saison de cette série à succès sur France TV Slash. Comment s'est présenté ce projet à toi ?

La directrice de casting Léa Coquin était venue au Laboratoire de l'Acteur, on devait être une quarantaine et on a tous passé des petits essais avec des textes que l’on choisissait. Elle en a rappelé une partie pour le casting principal et j’ai été appelé pour rencontrer le réalisateur David Hourrègue. J’ai fait des callbacks avec Axel Auriant et ça s’est bien passé.


La série c’est un rythme de tournage intense. On avait très peu de temps pour beaucoup d’épisodes. Je n’ai fait qu’une saison, ça n’a pas eu de différences pour moi en termes de jours de tournage ou de défense d’un personnage par rapport aux autres séries que j’ai pu faire.


Avec Skam, c’était super de pouvoir faire toutes les avant-premières et de recevoir tous ses messages au sujet de l’homosexualité, le thème principal de cette saison. C’était dingue de faire partie d’un mouvement aussi humain et ouvert sur l’autre, sur un sujet aussi important et essentiel.


Si comme dans la série Romance tu pouvais vivre dans une autre époque, ce serait laquelle ?

Il faudrait que je connaisse le positif et négatif de chaque époque (rires). Instinctivement, j’aimerais vivre Mai 68. Plein de choses n’allaient pas pour les femmes par exemple. J’aurais aimé être une de ces jeunes qui a dans la tête que l’avenir sera meilleur.


Quels sont tes prochains projets ?

C’est difficile de se projeter mais j’ai pas mal de projets d’écriture. Et j’ai envie de développer la réalisation et le métier de scénariste.


Une citation fétiche à me délivrer ?

« Quand je suis allé à l'école, ils m'ont demandé ce que je voulais être quand je serais grand. J'ai répondu heureux. Ils m'ont dit que je n'avais pas compris la question. J'ai répondu qu'ils n'avaient pas compris la vie » de John Lennon. Au collège, je l’avais sur mon téléphone. »